J 150 C'est pas la fin du monde.

Publié le 24 Décembre 2012

J 150 C'est pas la fin du monde.

La légèreté est nécessaire sinon le tragique serait mortel

Yasmina Reza

Oh temps suspend ton vol !

Ce vendredi 21 décembre, contre toute attente, mayas obligent, une belle surprise m'attendait.

Rien ne le présageait.

Les vapeurs liées à l'administration de l'interféron, commençaient à se faire sentir, plus de 10 jours qu'on nous bassinait avec les allumés de la fin du monde et les misères du gros Depardieu.

Ne me restait plus qu'à me précipiter chez mon fournisseur officiel de la drogue bout filtre qui accompagnerait mes bols de tisane en solitaire.

Ça fleurait bon la future éclate à plein nez !

Petit coup de fil sur le chemin à une de mes comparses, hépatante, papoti papota, avant que nous ne réalisions que plutôt que de se parler en ligne, je pouvais faire les 800 mètres qui nous séparaient et mettre l'image sur le son.

Quelle bonne idée, quelle évidence...

C'est incroyable comme on peut se couper des autres lorsqu'on est sous traitement. On s'isole, on ne veut pas se faire remarquer, on devient feignant aussi, pas envie de faire d’effort, on est mieux chez soi, peinard, sans avoir besoin de faire semblant, parce que pas l'énergie d'avoir à se justifier, de s'expliquer sur un truc qui n'est pas explicable, tout simplement.

Par la force des choses, ça met de la distance, distance momentanée mais inévitable et presque indispensable. On se protège. C'est tout.

La porte à peine ouverte, un sourire chaleureux et joyeux m’accueillait. Un vrai regard aussi, sans concession, honnête et comparatif , on est des filles... !

Quel confort, une bulle sans masque, du lâcher prise.

Pouvoir parler et échanger sur notre nouveau quotidien, nos ajustements, nos adaptations, sans craindre d'ennuyer l'autre . C'est compliqué de continuer à être dans un rapport naturel et habituel avec les autres, le coton qui t'envahit est étrange, tu es là, sans l'être jamais tout à fait.

Tu as perdu la globalité de ton être, éparpillé, façon puzzle...le traitement c'est Raoul, il dynamite,il disperse, il ventile...y'a des réveils pénibles, oh que oui...ça rigole pas tous les jours.

Mais des fois, si !

Et ce soir là aussi. Petit verre , tout petit, d'une vendange tardive, petite dînette, et rigolade sur nos seringues d'EPO, d'Interféron, de vraies toxicos .

Allez ma poule, fais passer le Doliprane !

C'était épique et drôle.

Il y a bien les potes qui se font les apéros du vendredi soir, alors pourquoi pas, pour nous, les injections. Dans les deux cas, le poison est légal.

C'est fou comme ça dédramatise la situation et la rend même cocasse.

Dommage d'y penser si tard, ne me reste plus que deux injections dans le réfrigérateur, enfin 4 avec le dopage.

Le 4 janvier, dernière injection, le 10, mes adieux à tonton Asuna et tata Daclasta, la mère Riva, aussi, et après...après...après...

Avant cela, il a le 25 décembre et je vous l'avez déjà signifié, le malade est un peu égoïste.

Alors comme charité bien ordonnée, commence par soi même, je me souhaite un bon anniversaire.

Je sais, j'ai un jour d'avance....c'est pas de ma faute...c'est le traitement... !

Rédigé par VIP du VHC

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B
Bisous ma chérie d'amour
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V
C'est gentil mon petit coeur...Des gros bisous aussi et à tout bientôt.