J 158 Dernier acte, pas épilogue .
Publié le 2 Janvier 2013
Dans la vie quand on pense que le dernier acte est arrivé, on s’aperçoit souvent , que la pièce ne se comprend pas sans son épilogue.
Richard Joly
J'y suis, le dernier acte, l'ultime, le définitif, le sans rappel.
Encore 8 jours pleins à continuer de tenir mon rôle dans cette incroyable production internationale de 390 acteurs. Pas de prolongation de contrat possible, j'ai signé pour 6 mois, et pas un jour de plus ne me sera accordé.
Encore 8 jours dis-je, mais je pense, plus que 8 jours.
Me suis glissée dans la peau du personnage avec une facilité déconcertante. J'ai apprécié ses failles, ses dysfonctionnements, ses troubles, ses doutes, exaspérés par le traitement soit, mais si proches de moi, de ce que je ressens depuis tellement longtemps.
J'avais enfin ma couverture, je pouvais baisser la garde et ne plus avoir peur de montrer mes faiblesses. Qu'en sera t-il quand le rideau se refermera, quand je quitterai la lumière, privée de mon travail de bon petit cobaye.
Je suis inquiète.
Les résultats de la fin du cinquième mois sont tombés le 31 décembre, des résultats pour bien terminer l'année : indétectable. Encore un bon point, et j'imagine, enfin, j'espère, qu'il en sera de même au tomber de rideau.
Alors pourquoi cette inquiétude ?
Sans doute que la perspective de vivre le prochain semestre dans le monde impitoyable du compte à rebours, me file le spleen.
Devoir encore et toujours , attendre, juste attendre, en essayant d'y penser le moins souvent possible, se concentrer sur tous les signes positifs du changement bénéfique, annoncé sur ma petite personne,oui, oui oui, euh... non, non, désolée, cela ne m’excite pas !
6 longs mois avant de connaître enfin l'épilogue. C'est énorme.
Plus de béquilles médicamenteuses, que moi avec moi, mon corps, mon organisme, mon sang, mes neurones, ma machinerie à l'état brut...bah dis donc...il va falloir me faire confiance, c'est pas rien, j'ai mon devenir entre les mains et j'ai peur de tout faire foirer.
Ce serait vraiment trop bête.
M'en fiche des bons points, à la moindre connerie , on peut te les reprendre.
Alors que si tu as obtenu ton image, c'est fini, on ne peut plus te demander de la rendre. Elle est à toi. Donner c'est donner, reprendre, c'est voler !
Me reste 8 jours pour m'acheter une jolie bassine, une éponge toute douce, et un savon délicatement parfumé . J'ai décidé de me faire confiance.
Je laverai le visage de mon avenir.