J 80 Chronique mais pas virale.
Publié le 15 Octobre 2012
Je n'ai jamais pondu un œuf de ma vie. Pourtant je m'estime plus qualifié qu'une poule pour juger de la qualité d'une omelette.
Max Favalelli.
Ayant le sommeil parcimonieux, je tombais,ce dimanche,sur l'émission de Ruquier « On est pas couché ». En plein dans le mille.
Une des invités était Charlotte Valandrey, en promo pour son dernier livre « N'oublie pas de m'aimer »
Je n'ai jamais vraiment suivi la carrière de cette actrice, mais je connais son histoire à travers les médias. Séropositive à 18 ans, greffée du cœur à 35, plusieurs livres à son actif pour raconter son combat, un film et ce dernier roman-récit au joli titre évocateur.
Les deux chroniqueurs, Natacha Polony et Aymeric Caron sont fin prêt pour faire la critique du bouquin, il est quand même 2 h00 du mat. Elle tient le choc, la Charlotte, et surtout, elle garde le sourire.
Elle s'excuse à l'avance, les 23 médocs à prendre par jour ont quelques conséquences sur sa maîtrise du passage de ses pensées, au langage, cela la gène, qu'elle se rassure, elle est bien la seule. Aucun commentaire ne sera fait sur ce sujet, sauf,un : " Toujours 23 médicaments par jour ? "
-"Bah, oui, la trithérapie de base,une broutille, et tous les autres, liés au maintien de la greffe et à sa haute surveillance."
Je suis intriguée et perplexe.
Comment faire la critique de ce récit, qui n'a d' autre vocation que celle de partager une expérience de vie, et des ajustements qui ont été nécessaires, au quotidien, pour continuer à être positif et voir le blanc dans le gris.
Je la cite :
Je veux partager mes recettes personnelles, parsemées au fil de mon histoire, ainsi que des techniques simples apprises auprès de spécialistes afin de trouver le bien-être en dépit des épreuves, transformer les échecs en expériences, pour extraire le meilleur de nous-mêmes.
Tu ne peux pas t'attaquer à son récit, ce qu'elle a vécu est déjà bien assez lourd pour qu’elle ait eu besoin d'en rajouter... alors on ne s'attarde pas sur le sujet, il passe à la trappe et on s'attaque à la seule piste qui puisse être remise en cause. Le récit, oui...mais pourquoi ne pas s'en être contenté, ça suffisait amplement à satisfaire le lecteur et a lui redonner espoir. Les recettes, non,et non ! Deux critiques, deux non !
Cela n'apporte rien, ça ne sauvera personne et...et … ?
Qu'est-ce qu'ils en savent ?
Vous voulez voir mon tiroir à pharmacie ?
Entre les huiles essentielles de laurier, de citrus, gingembre,carotte, menthe poivrée, arbre à thé, thym, eucalyptus, les extraits de radis noir, d’artichaut, de bouleau, de desmodium, les pilules de sillymarine, de chardon marie, de vitamines B12, d'acérola et...le phosphorus 20, 30 ch, nux vomica...le miel, le sélénium, le pollen, la gelée royale, sans parler des pots à kéfir, à Kombucha, vite relégués au placard quand je me suis rendue compte que 3° d'alcool après fermentation, le matin à jeun, c'était peut-être pas le top, le jus de betterave rouge, de choux, et ma panacée universelle, le bon jus de citron dans de l'eau chaude....entre les crèmes et huiles adoucissantes en tous genres, depuis peu, le savon d'Alep, les larmes artificielles, bref, et j'en oublie bien d'autres..., juste un petit plateau sur lequel j'ai posé la ribavirine entre les deux nouvelles molécules et la plaquette de Doliprane..
Alors qu'est-ce qu'ils en savent ?
Bien sur, que si aujourd'hui, je suis dans ma 8 ème semaine sans que le virus soit détectable, c'est grâce à la quadrithérapie, mais si j'ai pu attendre 27 ans, ce nouveau protocole, sans trop d'encombres, qui peut me dire pourquoi, comment, grâce à quoi, à qui ?
Si je n'avais pas ménagé et soulagé ma monture avec l'aide de toutes ces petites recettes, piochées sur le net, dans des livres, au cours de conversations, est-ce que j'aurais un F4, aussi stable et sans complication ?
Qui sont-ils pour la ramener et se permettre de juger ce qui sera bon ou pas pour le lecteur qui se remotivera à travers l'expérience d'une autre, confiant que quelqu'un de connu l'ait testé avant lui et le lui transmette.
Je n'ai jamais parcouru un livre de Charlotte Valandrey, mais j'en ai lu d'autres. L'estime de soi, la programmation mentale, l'auto hypnose, ces mots qui font du bien et ceux qui font du mal, la force est en vous, les carottes rendent aimables, les hommes préfèrent les chieuses, le meilleur de soi, imparfaits, libres et heureux....etc....etc...
Qu'est-ce qu'ils en savent de ce qui sauve ou pas, de ce qui t'aide, te permet de t'accrocher, de continuer à espérer, de tenir le coup, de garder le sourire et de continuer à se moquer du monde, à se moquer de soi.
Samedi, une amie, qui traverse aussi en ce moment des problèmes de santé, m'a dit : Je suis toujours contente de t'appeler parce que je sais que je vais rire, que tu vas me faire rire. Je trouve même que depuis que tu es sous quadrithérapie , tu es encore plus joyeuse, plus distanciée et d'un positif contagieux.
J'ai raccroché, satisfaite, on le serait à moins,mais interrogative.
Elle avait raison. Alors que le traitement attaque pour la plupart d'entre nous, notre bonne humeur, chez moi c'est le contraire. Suis contente. Pas de recette miracle, juste le fait de me rappeler chaque jour que c'est pour moi que je fais ça, pour un avenir envisageable, ça me suffit, ça m'enthousiasme et m'aide à pffutter les moments plus compliqués, à me filer un bon coup de pied aux fesses, à ne pas trop m'écouter.
Et puis pleurer de temps en temps, ça nettoie nos yeux, ça peut pas faire de mal.
Cela fonctionne pour moi, peut-être pour d'autres, et puis pour d'autres encore, les antidépresseurs sont le seul moyen de traverser l'épreuve.
J'ai demandé au professeur Pol, si il y avait une étude encours sur le sujet. Y avait il un point commun entre les patients qui arrivaient au bout du voyage sans pétage de plomb ni nuisances physiques excessives.
Savent pas, pas vraiment, pas vraiment d'étude, pas vraiment le temps pour ça. Ils savent que toutes les thérapies douces, le massage, se réapproprier son corps, se faire belle et beau...ils savent que ça fonctionne très bien mais ils n'ont pas les budgets pour ça. Une seule personne pour tout le service à Cochin, bientôt licenciée, faute de moyen.
Alors, une boîte de lexo,ou autre, c'est plus rapide, moins cher, et surtout pris en charge par la sécu..
Le choix est vite fait.
Sauf, si tu as les moyens, là, c'est déjà plus abordable, tu peux tester, te faire aider, psychothéraper, analyser, trouver d'autres béquilles, tu peux...si tu le veux.
Alors qu'est-ce qu'ils en savent si une des petites recettes de la Charlotte n'aidera pas quelqu'un, parce qu'on lui avait jamais dit que, juste prendre le temps de s’allonger, de respirer, de penser positif, ça pouvait faire du bien.
Et qu'est -ce que ça peut faire que la vente du bouquin permette aussi à cette artiste sans boulot, de gagner sa vie, et de ne plus être dans l'angoisse de l'indigence matérielle.
C'était pathétique qu'elle doive se justifier à ce sujet, grotesque et hors sujet , justement.
Vos chroniques étaient décevantes.
Quand on ne sait pas, c'est pas grave, on ne peut pas tout savoir, mais on a au moins le mérite de se taire.
OK, vous faîtes votre job mais qui a dit que la critique était forcément négative, qui ?
Ah, puisqu'on est dans les petites recettes, surtout pas de pamplemousse avec nos médocs et pas d'oranges sanguines non plus, ni de millepertuis !
Médecine douce, tellement douce que strictement interdite avec nos traitements.
Vous le saviez ça, vous le saviez Polony et Caron, bah non, vous le saviez pas.
J'espère que cela vous sera utile un jour, on ne sait jamais, une petite recette...!
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