J 7 Le nouveau monde.
Publié le 1 Août 2012
Quant au blog, c'est une bonne façon de vivre ces prochains 6 mois comme un périple vers un autre moi même, c'est mon carnet de voyage, tout simplement .
Voici la fin de mon dernier échange sur le forum.
En fait, c'est dingue, je me souviens à peine de comment j'étais quand je ne savais pas.
Mon quotidien, si, oui bien sur, comment oublier le nombre incalculable de fêtes,les discussions enflammées sur l'avenir de l'homme, les émois,l'amour sans capote, les voyages, et surtout l’insouciance, cette fantastique insouciance qui te rendait invincible. On vivait au jour le jour. Vous me direz si il y a bien une chose qui n'ait pas changé c'est bien cette variable là ! La raison en est moins fun , mais on ne pourra pas nous reprocher de ne pas être constant, et ça, c'est une sacrée belle qualité...
Contaminée à l’hôpital à 23 ans, je ne l'ai su que 10 ans plus tard, encore dans un hôpital, je venais d’accoucher. Me suis levée pour aller aux toilettes, il y en avait deux. Sur celui de gauche ,un grand écriteau affichait hors service, souligné deux fois. Au moment où je posais ma main sur la poignée de porte de celui de droite, une infirmière se précipita vers moi et interrompant mon geste, avec la plus grande délicatesse et un tact inouï, aboya :
-Le gauche, le votre c'est le gauche ! »
-Il est hors service !
-Pour les autres, pas pour vous, c'est fait exprès,faudrait quand même pas que vous nous contaminiez tout l'étage !
Ah la belle empathie de certaines infirmières...celle là m'avait coupé la chique et, n'ayons pas peur des mots, l'envie de pisser !
C'est ainsi que j'appris que je venais de basculer dans une autre réalité, celle des parias, de ceux qui font un peu peur, parce qu'on ne sait pas. Je ne peux pas leur en vouloir, j'en savais pas plus qu'eux !
Est-ce que ça a vraiment changé ?
Non pas que ce soit mon sujet de conversation préféré mais quand au cours d'un dîner quelconque, après avoir pour la quatrième fois, refusé le verre d'alcool tendu, et qu'on insiste encore...
Ce qui va suivre n'est pas bien du tout, mais, m'en fiche, j'assume, j'avoue !
J'adore le moment précis, où , à l'annonce du pourquoi tu te prives de ce breuvage si vénéré, le sourire de ton interlocuteur se fige, et gêné, écourte la conversation, d'un ah oui, je comprends, bah oui, ah oui forcément, je comprends !
Bah il était temps. L'avantage c'est qu'il va te foutre la paix pour le restant de la soirée. Il te jettera quelques petits regards en coin , il cherche, il cherche les signes de la maladie et il est perdu. C'est dingue, ça se voit même pas, et c'est bien dérangeant
Un gros c'est mieux, on ne peut pas le rater, et quand il refuse le dessert on peut quand même insister. Allez un petit gâteau,un seul, ça ne te fera pas de mal, pour me faire plaisir.
Avec nous, respect,on nous laisse tranquille, on espère juste... que ça ne s'attrape pas !
Parfois j'explique, parfois non,mais le plus souvent j'explique, c'est bon j'ai assez jubilé.
On se console comme on peut...Demain, premier bilan sanguin.