J 33 Dites 33 .
Publié le 28 Août 2012
Il y a une différence entre connaître le chemin, et arpenter le chemin. »
Andy Wachowski (Matrix)
Je suis ennuyée, bien ennuyée, limite très ennuyée.
Après 5 semaines de traitement , la question qui revient fréquemment , et je le conçois fort aisément , concerne les effets secondaires de la quadrithérapie.
Je peux, bien sur, les énumérer tous. Je ne peux pas me gourer, j'ai la notice explicative sous les yeux.
Le menu des réjouissances est assez impressionnant et provoquerait chez les masos, une excitation sans nom, à la perspective des plaisirs annoncés :
Nausée, migraine, fièvre, courbature, alopécie, mal de bide, plus d'appétit, de libido, là ça va être chiant pour eux, restons dans le ton, diarrhée, il en faut pour tous les goûts, prurit, sécheresse de la peau, des muqueuses, réactions assez moches au soleil ,essoufflement,anémie, palpitations, insomnie, grande fatigue et une jolie petite dépression.
Ah, ça calme tout de suite, t'attends de voir sur les autres avant de te lancer sur le chemin de la guérison. On aurait tort de se gêner, puisqu'il y en a qui semblent aimer ça, on va pas les priver.
Qui a dit : -Tu parles, encore de la publicité mensongère, ce serait bien la première fois qu'on aurait cette chance là.
-Oh, oh les masos, c'est pas parce que j'ai cru bon de faire un trait d'humour minable en vous citant, qu'il faut maintenant venir la ramener sur mon post..non mais ...si c'est pas malheureux !
Le véritable problème est que c'est bien plus compliqué, beaucoup plus compliqué.
Quand on regarde les pourcentages des effets réellement éprouvés par les patients, on voit bien que c'est pas du 100 pour 100. Seulement, ceux qui vont bien, ne s'expriment pas,et sans contre témoignage, on ne peut qu'être persuadé que ce sera, sans aucun doute, au dessus de nos forces.
Le virus nous laisse assez peinard dans l'ensemble, il rue un peu dans les brancards, te titille avec plus ou moins de succès, mais il joue plus sur l'angoisse qu'il fait naître, que sur une véritable souffrance physique.
Le traitement, lui, c'est pas un petit joueur, il pavane, se la pète, veut montrer que c'est lui le patron, et surtout, que t'as intérêt à te tenir à carreaux.
Il a bien intégré le " Qui aime bien, châtie bien " et l'applique à la lettre !
Après 5 semaines, il faut que je me rende à l'évidence, moi, il ne peut pas me blairer, il me laisse de côté. Je ne l’intéresse pas. Il me bâcle.
-Ah oui, je l'oubliais celle là, on va lui coller une petite migraine, deux trois crampes, tiens mets lui aussi un peu de blues, paraît qu 'elle aime la musique, des coups de pompes...oui, c'est bien mais comme elle dort pas, elle va croire que c'est normal, ah vraiment celle là, je sais pas ce qu'on va en faire, je la sens pas , y'aurait du jedi de planquer chez elle, que ça ne m'étonnerait pas, elle est bizarre, t'as remarqué, elle arrête pas, elle peut pas rester en place, moi je dis c'est louche.
-Je fais ce que je veux, je vous connais, j'ai déjà pratiqué, on ne m'y reprendra plus.
Les après-midi larvaires devant toutes les conneries de la télé, adressées à la ménagère de plus ou moins 50 ans, j'ai donné. Six mois de programmation mentale insidieuse. Non seulement, je ne répondais pas au traitement mais en plus je devenais de plus en plus, bête à pleurer. C'est fini ce temps là. Je ne me laisse plus faire, je réponds du tac au tac.
-Un coup de pompe, bien, un coup de pied aux fesses !
-Un coup de blues, OK, du rock'n' roll à fond !
-Un point douloureux, hop, révision et application directe des points de réflexologie.
...ETC...
Combien de temps cela marchera , l'avenir me le dira, il a de la marge le bougre, il lui reste encore 19 semaines pour commencer à m'aimer...pire, il pourrait m'adorer...Arrgghh.