J 23 Laisse tomber la carte postale.

Publié le 17 Août 2012

J 23  Laisse tomber la carte postale.

J'ai pas toujours été bouffon, avant j'étais funambule.

Jusqu'au jour où un rival jaloux, à remplacé mon fil, par un fil à couper le beurre.

Je suis redescendu , partagé, entre le rire et l’inquiétude.

Il m'est arrivé de ne dormir que d'un œil, tandis que l'autre veillait dans la nuit.

Au matin, quand je me suis réveillé, mon regard s'est posé sur le monde , comme une mouche sur une merde, et le monde s'est mis à loucher.

Il ne s'en est jamais complètement remis, moi non plus d'ailleurs.

Mais je possède en moi, une vitalité, une force, une énergie... !

Qui me permet quoiqu'il arrive, dans la plus profonde des détresses, au fin fond de l'adversité, de rassembler suffisamment de force pour remuer...le petit orteil droit.

Nous étions en décembre 1985, au café théâtre de l'Epicure, je jouais comme un sens inversé de Dominique Péju.

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C'était mon premier spectacle en solo. C'était étrange pour une gamine de 23 ans, d'avoir choisi un texte aussi rude,mais chaque mot, chaque phrase me bouleversait.

Il doit être terriblement dur de ne pas être là, on doit en souffrir, terriblement, se manquer, atrocement, se caresser , sentir un vide, ne plus se caresser...

Comme affiche, j'avais choisi l'arcane 12 du tarot, le pendu. Sa symbolique ne m'effrayait pas, elle me rassurait, elle me ressemblait.

J'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour cette carte, capable du meilleur , comme du pire, toujours en errance, à la recherche de son âme.

Il est extrêmement désobligeant de laisser dégouliner son angoisse sur les genoux de son voisin immédiat...

Je suis heureux mon amour de te savoir fragile...

Bref, j'adorais ce texte. Je ne me doutais pas combien il était prémonitoire.

J'avais été contaminé 6 mois plus tôt, dans la plus parfaite discrétion,et sans le savoir, je posais les premiers édifices, d'un nouveau système de pensées, face à un avenir, bien incertain.

Merci monsieur Péju, vous n'imaginez pas à quel point vous m'avez soutenu, accompagné,aidé, donner une force que je ne me soupçonnais pas.

Mes orteils sont vivaces, dynamiques et bougent avec entrain.

Je dégouline le moins possible, de préférence seule, et comme je suis ordonnée, j'éponge toujours les fuites.

Mais surtout, je suis devenue la référence internationale, en grattage de fonds de tiroirs !

C'est fou ce qu'on peut retrouver, en y mettant, je le concède, quand même un peu de bonne volonté.

Quand y'en a plus, y'en a encore, la manne est inépuisable.

Tu crois que c'est fini, limite tu t'en persuades, mais non... ! Il y avait encore une petite rognure, là, oui, là...t'as pas vu, coincé dans la rainure !

C'est dingue tout ce qu'on peut faire avec des restes.

Des restes de sourires, d'amour, d'indulgence, de tolérance, d'esprit révolutionnaire, de patience, de colère aussi, d’œil vif, d'éclats de rire et de croyance en l'humanité.

Pour les sous, c'est bien mieux quand il y a, un peu plus que des restes, disons que ça aide à moins déprimer !

Aujourd'hui, l'hôpital a laissé un message. Les résultats de la semaine 2 sont enfin tombés.

La charge virale est à moins d'un demi log.

Je suis en semaine 4, autant dire, qu'au moment où j'écris ces lignes, raclons un fond de cohérence, je crois bien que Tanguy a quitté les lieux, pour de bon.

J'espère vraiment que je ne vais pas lui manquer, Allez, oust...Non, pas de bisous, c'est bon, oh, c'est ridicule...et ne t'avises pas de revenir.

De toutes façons, tonton Asnuna et tata Daclastavir restent là encore pour 5 mois, ils leur faut du confort...je leur ai refilé ta chambre...oui je sais, c'est dur de me quitter, je suis un être délicieux, surtout maintenant.

Je t'aime ma crevure de débine, ma foutrissure, mon adoroir....

Rédigé par VIP du VHC

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O
La maladie nous m'a posé la question de savoir jusqu'à quel point je pourrais me passer de moi même. Votre post est brillant ! Merci, bravo, encore !
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