Des bonnes voisines.

Publié le 30 Juillet 2012

Des bonnes voisines.

J'aimais bien ma nouvelle voisine. Elle était aimable et jolie et intelligente. Nous papotions de temps à autres avec une facilité assez rare chez les gens qui se connaissent à peine et cette franche simplicité dans nos échanges me plaisait beaucoup.Un jour je remarquais des plaques rouges sur sa peau et lui demandais naturellement ce qui lui arrivait. Avec la spontanéité qui la caractérisait, elle m'expliqua que c'était une des conséquences de l'hépatite C dont elle souffrait depuis plus de 10 ans .

- Bah, c'est dingue, moi ça fait plus de 25 ans que je suis hépatisée et j'ai jamais eu ça! - Ah bon ! -Bah non !

On venait de se découvrir un point commun, c'était cool, on avait un nouveau sujet de conversation. Terminé les recettes de cuisine, les enfants, la météo, enfin un sujet sérieux, un que je maîtrisais parfaitement. J'avais trouvé une interlocutrice pour qui les mots, génotype, charge virale, asat, alat n'étaient pas du chinois et encore moins des gros mots.
Elle ne s'était jamais fait traiter, elle avait peur des effets secondaires. La dinosaure que j'étais enjoliva l'histoire, et lui démontra que c'était vraiment trop bête au vu de ses critères hyper favorables, de ne pas tenter le coup. C'était rien 6 mois dans une vie. Avec son génotype et sa faible charge virale, elle était en pôle position.
J'ai été convaincante, deux mois plus tard elle commençait l'interféron et la ribavirine, le mois suivant, le Vhc était indétectable.Elle avait déménagé mais quand elle eut l'assurance que pour elle la partie était gagnée, elle m'envoya les coordonnées d'un service à Paris qui s'intéressait aux retords de mon espèce.Je pris rendez-vous.

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